Certains élèves me disent « il n’y a pas qu’à l’École que l'on apprend, on a l'internet maintenant ! ». Certes, cela est vrai mais l'internet est comme un vaste livre indexé, un outil où trouver de l’information.
Les questions essentielles demeurent : quelles sont les informations utiles ? Comment les choisir, les ordonner, les traiter ? Comment les comparer, les évaluer, les livrer à une sage critique ? Ironiquement, l'hyper-accès à l'information rend peut-être plus nécessaire encore la constitution d'un esprit critique. Par conséquent, l’École reste le seul lieu où on apprend à analyser les besoins et les informations et à les synthétiser. En clair, l’École devient moins un lieu de savoir que de savoir-faire. Internet et École ne rentrent pas en compétition, de la même manière qu'un professeur se plaindra rarement que ses élèves fréquentent les bibliothèques.
Il est possible que le fait de naviguer et de dompter un flux soutenu d'information ininterrompue soit sur le point de devenir une part notable des capacités professionnelles. Cependant, compte-tenu de la compléxité des informations à traiter, il est capital que chacun ait un bagage culturel, intellectuel et critique suffisant pour ce faire.
Dans ce sens, l’École doit donc se recentrer sur les fondamentaux : les mathématiques dont le rôle essentiel est l’apprentissage du raisonnement ; le français qui est le premier moyen de communication et –me semble-t-il– les langues (tout particulièrement l’anglais) pour parcourir le vaste monde, parmi les hommes comme parmi les savoirs. Elle doit aussi transmettre, lentement, des valeurs, l'esprit d'analyse, le goût d'apprendre, l'indépendance, le travail individuel et de la coopération.