Le rapport « Attali » remis au Président de la République recommande une évaluation des fonctionnaires par les administrés. Ceci vaudrait pour l’Éducation Nationale ; donc les élèves pourraient, pourquoi pas, eux aussi donner une note à leurs professeurs. Mais sur quels critères ? Tout professeur qui n'offre pas une note minimale de 15/20 sera-t-il un mauvais enseignant ? Il en va de même pour celui qui a moins de charisme que son collègue ou qui enseigne une matière particulièrement ardue (au hasard, les mathématiques par exemple !).
Va-t-on faire établir une grille d’évaluation par un cabinet privé extérieur au milieu enseignant sur les bases d’évaluation dans l’entreprise ? Peut-on demander à des élèves d’avoir la maturité nécessaire pour faire abstraction de son ressenti (voire ressentiment) immédiat envers l’un de ses professeurs ?
Doit-on demander aux parents d’élèves de donner une note aux enseignants ? Est-on sûr de l’objectivité parentale ou de leur compétence pour « juger » un professeur ?
Il faut, certes, plus de concertation entre parents-professeurs, une plus grande « complicité » entre élèves et professeurs mais peut-être pas sous la forme d’un jugement.
Bien évidemment le professeur, lui, évalue ses élèves mais dans ce cas, l’évaluation est un outil pédagogique et non une fin en soi. Les professeurs jugent le niveau global d'une classe, s'assurant que tel chapitre du cours est bien compris et assimilé par l’ensemble de l’auditoire et le niveau particulier de chaque élève (afin de mettre l'accent sur une partie du programme mal maîtrisée).
La note n’est plus alors une sanction mais un instrument nécessaire à l’évolution de la classe. Avant que l’inverse puisse être envisagé (sens élèves-professeurs), il faudra changer les mentalités et là, il faut du temps !